Concert du nouvel an 2023

 

Le « Concert du nouvel an » donné par l’Orchestre du pays basque sous la direction de Victorien Vanoosten à la salle Lauga de Bayonne, un évènement de la Scène nationale du Sud-Aquitain, fut un moment d’une rare intensité émotionnelle qui nous fit voyager dans le monde feutré de l’opéra.

 

Comme dans toute salle de concert le brouhaha des spectateurs qui s’installent est couvert par les musiciens qui accordent leurs instruments en attendant l’arrivée du chef d’orchestre. C’est Marina Beheretche, le violon solo qui mit toute le monde au diapason avec son la fédérateur.

Plus de 4.000 personnes sont venues, sur les deux concerts programmés, écouter les musiciens dirigés par la baguette voyageuse et la main expressive du jeune chef d’orchestre Victorien Vanoosten, un habitué de l’orchestre du pays basque.
Un engouement du public bayonnais qui est très fidèle à cette manifestation, toujours plus nombreux d’année en année, et qui marque le début des festivités culturelles de l’année.

Un orchestre composé de soixante quatre musiciens qui ont attaqué avec force, vigueur, le premier morceau sur les dix-neuf qui composaient le programme très varié, il y en avait pour tous les goûts : du classique, de l’opéra, de la comédie musicale, du rock.

Un premier morceau avec l’ouverture impressionnante de « La force du destin » de Giuseppe Verdi qui leur donna des suées et à nous des étoiles dans les yeux, avec cette rivalité entre les cuivres à la puissance tremblante et les cordes vigoureuses avec au milieu les vents qui s’affirmaient et les percussions qui mettaient tout le monde d’accord.
Une entrée en matière très remarquée qui nous laissait présager un concert digne du nouvel an et nous n’avons pas été déçus.

Un concert truffé d’anecdotes racontées avec un certain humour par le chef d’orchestre tout en nous laissant emporter dans leur folie musicale : embarquement immédiat sans arrêt annoncé pour une sélection des meilleurs moments du monde lyrique.
L’émotion rivalisait avec la joie, la tonicité du répertoire, sa gaieté auréolée d’une certaine poésie.

Comment ne pas être ému avec l’interprétation du jeune ténor Julien Dran, loué pour sa « noble voix », dans la romance « Je crois entendre encore » tirée de l’opéra « Les pêcheurs de perles » de Georges Bizet, un opéra qu’il affectionne tout particulièrement.

Mais aussi du badinage, de la drague, avec cet air entraînant, peu connu, d’un paso doble de Manuel Penella Moreno : El Gato Montes « iSi ! Torero quiero ser ». Un Julien Dran qui se voyait bien dans la peau d’un torero pour draguer la belle Gabrielle Philiponet, une soprano très en vue dans le monde du lyrique à la voix de velours aux notes cristallines.

Un duo déchirant qui nous donna des frissons de Giacomo Puccini avec ce « Vogliatemi bene » tiré de son opéra Madame Butterfly. Une très belle complicité entre Gabrielle Philiponet et Julien Dran.

De belles énergies avec un chef d’orchestre se balançant sur son estrade au rythme de la mesure de sa baguette fendant l’air dans un contraste avec le léger tournoiement de sa main gauche accompagnant les cordes, avec notamment cette époustouflante interprétation de l’orchestre du « Prélude de l’acte II » de Lohengrin de Richard Wagner. Toute la fougue du compositeur nous éclatait au visage. Mais aussi de la légèreté avec la « valse lente » de la Gaîté Parisienne de Jacques Offenbach.

De l’humour avec la fille du régiment de Gaetano Donizetti chanté par Julien Dran avec son œil pétillant et l’explosion de ses contre-ut, de la tendresse avec Gabrielle Philiponet dans un extrait de Cats de A.L. Webber avec « Memory » accompagnée au piano par Victorien Vanoosten (une autre corde à son arc) et Marin Béa qui avait délaissé pour une fois sa contrebasse pour une guitare basse électrique.
Pour rester dans la comédie musicale un autre moment d’émotions avec Maria et Tony alias Gabrielle et Julien dans « Tonight » tiré de Wide Side Story de Léonard Bernstein.

Dans le rock / opéra nous avons eu aussi le bonheur d’écouter « Barcelona » des Queen, une chanson créée par Montserrat Caballé et Freddie Mercury, un Freddie tout timide qui malgré sa notoriété n’osait pas importuner Montserrat Caballé, dont Gabrielle et Julien en furent les dignes héritiers.

Vous l’aurez compris ce concert avec ses dix neuf morceaux nous combla au-delà de nos espérances, visualisant cette belle histoire d’amour entre le chef d’orchestre et ses musiciens. Une très belle complicité pour un résultat exceptionnel malgré la courte durée des répétitions, notamment avec les chanteurs. Sans oublier à ma grande surprise une très bonne acoustique, une balance du son impeccable, même le triangle se faisait entendre clairement, et l’équilibre voix – orchestre était délicatement dosée.

Et c’est sur une note volcanique avec le duo Brindisi « Libiamo ne’ lieti calici » de la Traviata de Guiseppe Verdi que Gabrielle Philiponet et Julien Dran ont enflammé une dernière fois le public, battant des mains à tout rompre, nous laissant ainsi regagner nos pénates le sourire aux lèvres, heureux d’avoir participé à une telle aventure et bien sûr après une longue ovation debout !

 

« Concert du nouvel an » à la salle Lauga, le 08 janvier 2023, organisé par la Scène nationale du Sud-Aquitain.
Prochains rendez-vous avec l’Orchestre du pas basque : http://www.ospb.eus il y a forcément un concert près de chez vous !

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