Marie / Antoinette

 

« Marie / Antoinette » sur la scène du théâtre La gare du midi à Biarritz, un ballet chorégraphié par Thierry Malandain de la compagnie Malandain ballet biarritz est une explosion de pas subtils, au rythme endiablé, à en perdre la tête.

 

Le Malandain Ballet Biarritz est une institution adulée internationalement, avec en moyenne 100.000 spectateurs par saison pour près de 95 représentations : une des compagnies de danse européenne des plus actives.

Le ton est donné, quand on connaît l’issue fatale de cette aventure royale, avec ce tonnerre qui gronde de plus en plus dans la salle en attendant l’ouverture des festivités.

Des festivités qui commencent dans ce premier tableau (qui en comptent pas moins de quatorze) avec le souper royal évoluant dans une scénographie simple, épurée, de Jorge Gallardo, mais aux reflets somptueux avec ses immenses cadres symbolisant la rigidité de l’étiquette où chacun doit être à sa place au moment opportun et ses tentures évoquant un ciel contrarié annonçant l’irréparable…
Les luxueux costumes à la blancheur virginale de Jorge Gallardo qui tout au long du ballet viendront prendre, au fil de l’évocation des périples de Marie Antoinette glissée dans l’interprétation légère, gracieuse de Claire Lonchampt, des teintes pastel, agrémentés des magnifiques coiffes de Charlotte Margnoux, donnant ainsi un peu de luminosité à ces danseurs en quête d’insouciance.
Seule l’impératrice Marie-Thérèse, mère de Marie-Antoinette, interprétée tout en conviction par Irma Hoffren, viendra dans sa robe noire nuancer la fête. Son époux Louis XV, sous les pas mesurés d’Alejandro Sánchez Bretones, ne sera pas en reste, lui aussi tout de noir vêtu.

Quatorze tableaux tous plus éblouissants les uns que les autres défilent sous nos yeux captivés aux sons des mouvements des symphonies n° 6, 7 et 8 de Joseph Haydn et de l’extrait d’Orphée et Eurydice de Christoph Willibald Gluck accompagnant tout en émotion la maternité de Madame Royale.

Des musiques qui soulignent le rythme soutenu des festivités et de la vie insouciante de la cour tandis qu’en dehors du palais la révolution gronde avec la famine qui sévit.

Comment ne pas être séduit avec ce tableau de Persée et ses nymphes, ce demi-dieu dansé tout en légèreté par Hugo Layer qui m’avait impressionné le noël dernier dans l’Oiseau de feu (cliquez) . Un Persée qui déterminé tranchera la tête de Méduse évoluant tout en malice par Clémence Chevillotte. On aurait bien aimé être dans la tête de Marie-Antoinette pour en connaître à ce moment précis ses pensées…

Une démonstration intense du corps de ballet, aux pas de deux, aux solos, où les moulinets, les envolés, les jetés, les portés, virevoltent sous les pas des danseurs prolongés par des bras et des mains à l’expression délicate.

Comment ne pas être charmé par le jeu, les pas de Louis XVI incarné passionnément par Mickaël Conte, amoureux de sa belle Marie-Antoinette, qui aura des yeux doux pour son favori Axel von Fersen sous les yeux épris de Raphaël Canet. Une rivalité qui nous donnera l’occasion d’admirer leur combat de coq dans de fougueux pas de deux.
Un équilibre de « favori » avec cette Comtesse du Barry qui viendra pointer le bout de son nez dans cet ardent élan dansé par la séduisante Patricia Velázquez (féérique dans le Sacre du printemps).
Des tableaux qui montrent également la futilité des amusements de la cour comme celui de Marie-Antoinette avec ses boys ou encore celui du hameau avec ses moutons en spectateurs dubitatifs…jusqu’à la dernière image avec cette lumière étincelante au son tranchant.

Des chorégraphies à l’esthétisme calibré de Thierry Malandain recherchant, dans une inventivité qui lui est propre, l’équilibre entre la psychologie des personnages et le visuel rendu, dont la musique fait corps à l’élégance de leurs mouvements. Une liaison qui en est le cœur de ses chorégraphies.
La recherche d’une harmonie dans un style que l’on pourrait qualifier de néoclassique, quoique…le flossing est passé par là, à la ligne parfaite, laissant exploser la joie des danseurs d’évoluer devant un public de plus en plus conquis par le raffinement de leurs expressions, de leurs talents.

Guillaume Lillo, Guiditta Banchetti, Alessia Peschiulli, Allegra Vianello, Noé Ballot, Jeshua Costa, Loan Frantz, Julen Rodriguez Flores, Ismael Turel Yagüe, Léo Wanner, Julie Bruneau, Marta Otano Alonso et Yui Uwaha viennent compléter cette époustouflante distribution qui nous a émerveillés pendant l’évocation de la destinée de Marie-Antoinette.

Un somptueux cadeau de noël à ne rater sous aucun prétexte !

 

« Marie / Antoinette » par le Malandain ballet biarritz sur la scène de La gare du midi à Biarritz, le 21 décembre, représentations supplémentaires les 22 et 23 décembre à 20h30.

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