Dance Masters

« Dance Masters » un condensé de ballets néo-classiques sur la scène du Théâtre Quintaou à Anglet orchestré par Fábio Lopez de la Cie Illicite de Bayonne est une ode à la beauté de la Danse dans ce qu’elle a de plus pur.

 

Dance Masters, il n’y a pas de doute les maîtres de la danse étaient présents ce soir dans le spectacle inédit composé par Fábio Lopez, le directeur artistique et chorégraphe de la compagnie, pour cette fin de saison des 3 villes : Bayonne, Anglet, Biarritz.

Une soirée dédiée à la danse néo-classique composée de quatre ballets chorégraphiés par les plus grands, tels que : Martha Graham, Vasco Wellenkamp et Hans Van Manen sans oublier la génération montante avec Manon Bastardie.

« Fauno » a eu le privilège d’ouvrir cette soirée placée sous la protection de Terpsichore.
Un pas de deux inspiré de « L’après-midi d’un faune » de Vaslav Nijinsky, créé en 1912, sur une musique de Claude Debussy et chorégraphié par Vasco Wellenkamp.

C’est Miguel Ramalho qui aujourd’hui pour cette nouvelle interprétation a fait sortir ce faune de son rêve. Une créature légendaire, à l’animalité très sensuelle, évoluant sur les pas de David Claisse qui s’éveille gracilement, enveloppé par l’approche de la nymphe sous les traits d’Alessandra De Maria, venue le séduire.
Une complicité déjà remarquée dans leur pas de deux de « La belle au bois dormant », chorégraphié par Fábio Lopez en janvier dernier lors du spectacle du nouvel an de Bayonne.
Une dualité mise en valeur par les lumières de Victor José et les costumes de Dorothée Laurent.
Un rêve dans lequel on se laisse porter par leur magnifique lecture de ces pas stylisés, les attirant tout en les repoussant dans une fusion à la séduction destructrice.
Une faune qui se laisse admirer sans nous effrayer, bien au contraire.

« Deep song » poursuit cette soirée avec la chorégraphie de Martha Graham.
Un solo remonté par Elizabeth Auclair, toujours aussi prenant, dérangeant, qui vous remue au plus profond de votre corps, de votre conscience.
Un ballet pour lequel j’écrivais en juin 2021 : « Martha Graham dans son ballet « Deep song » nous transporte dans les méandres de l’épreuve, du chagrin, de la solitude sur la musique « Sinister Resonance », tout un programme…
On assiste au combat d’un corps torturé, celui d’une femme, interprétée ici par la jeune danseuse Océane Giner, ayant comme bouclier, comme armure, comme rempart, un simple banc blanc contrebalancé par un costume aux rayures noires et blanches rappelant les colonnes de Buren.
Nous sommes à la fois attirés par la souffrance de cette femme et spectateurs de sa partie d’échecs ou de dames, allez savoir…qui va gagner ? ».
C’est toujours avec autant de fraîcheur qu’Océane Giner, habillée par Dorothée Laurent, nous livre ce cri d’angoisse qui malheureusement résonne encore aujourd’hui dans cette Europe déchirée par l’inhumanité de ses tyrans.

 

Un souffle de bonheur qui se veut triste se répand sur le plateau du théâtre Quintaou avec ce ballet chorégraphié par Manon Bastardie de la B&M Compagnie.
« Le bonheur d’être triste », une création avec un extrait pour cette soirée de son ballet en avant première de celui qu’elle présentera le 11 septembre prochain lors du festival « Le temps d’aimer la danse » à Biarritz. Une jeune danseuse qui a fait ses débuts dans le Ballet national de Marseille puis par la Cie Illicite, qui a décidé suivant une très bonne inspiration de se consacrer à la chorégraphie.
Un ballet féminin aux lignes graphiques superbement prononcées sur une musique d’Ezio Bosso libérant la fragilité du piano conjuguée à la chaleur du violoncelle. Des pas, des envolées qui vous transportent dans les méandres de l’âme vagabonde qui libère ses émotions par cycles. De l’incompréhension à l’angoisse d’une réflexion qui vous interpelle conduisant à la tristesse, Manon Pedeboscq, Clémence Bonnemaison, Emelia-Rose Herrmann, Juliette Hubert, Clarisse Del Tedesco, Grace Jenner, Emma Jones et Barbara Nogueira subliment ce voyage intime.

 

Pour conclure cette belle soirée dédiée à la danse, c’est le ballet « Adagio Hammerklavier » sur une chorégraphie de Hans van Manen, remonté par Barbora Hruskova, sur une musique de Ludwig van Beethoven, qui nous séduit avec ces pas de deux de ces trois couples à la recherche de leur épanouissement.
Une distanciation corporelle à la quête continuelle d’un rapprochement charnel tant par les couples eux-mêmes que par leur groupe qui montre la difficulté de la communication.
Habillés par Jean-Paul Vroom pour les costumes et par Jan Hofstra pour les lumières, Nina PhamFlorian Carer, Salomé GoualleArturo Pérez del Campo et Alessandra De MariaDavid Claisse nous content leur recherche vaine de leurs désirs de vivre dans une harmonie qui s’efface devant la vie tout en la magnifiant par leurs présences.

 

Fábio Lopez avec cette saison croisée France-Portugal 2002 marque petit à petit de son empreinte sa conception de la danse dans cette bénéfique implantation de sa Compagnie Illicite dans le Pays Basque.
Fábio Lopez, en faisant partager le plus possible son amour, sa passion de la danse, l’essence même de sa raison de vivre, avec son public qu’il veut de plus en plus élargi, démontre tout son talent de leadeur, de chorégraphe.

 

« Dance Masters » au Théâtre Quintaou d’Anglet, le 18 juin 2022, un évènement Cie Illicite – Bayonne.

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